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Al Jarreau, au-delà du jazz

Jusqu’au bout, Al Jarreau aura gardé ce désir incommensurable de transmission et d’ouverture. Nous rendons aujourd’hui hommage à un immense artiste et ami du Festival…

Sa voix était à la fois un saxophone, une caisse claire ou une contrebasse. Ses improvisations allaient bien au-delà du scat traditionnel : Al Jarreau savait imiter tous les sons, tous les instruments. Sa faculté d’improvisation, le public montreusien l’a ressentie dès sa première venue au Festival en 1976. A l’exception de son pianiste, aucun des musiciens n’avait pu être présent ce jour-là. Al Jarreau s’est alors mis à chanter comme s’il était l’orchestre entier.

Aujourd’hui, nous repensons avec émotion aux instants magiques qui ont ponctué ses 16 éditions au Festival. Al Jarreau a toujours su créer des ponts entre les genres. Et il y en a eu des collaborations à Montreux! C’est avec la même classe qu’il posait sa voix sur un blues endiablé de Santana ou un duo délicat avec Randy Crawford. En 1991, il participait aussi à l’événement «From bebop to hip-hop», à la croisée du rap et du jazz, orchestré par Quincy Jones. 

D’une générosité immense, Al Jarreau aimait profondément transmettre sa passion. Et son souhait le plus cher était que chacun puisse trouver la sienne. En tant que mentor de la Montreux Jazz Academy ou président du jury du concours de chant, Al Jarreau a insufflé son savoir, son talent et son ouverture d’esprit aux plus jeunes générations. En 2015, il est resté ébahi devant la performance du jeune chanteur sud-africain Vuyo Sotashe. Quand on lui a demandé s’il était partant pour renouveler l’aventure en mars prochain, Al Jarreau n’a pas hésité une seconde. 

Le destin en décida autrement. Sa dernière venue à Montreux, l’été dernier, symbolisera à jamais les liens forts entre le chanteur et le Festival. Après un concert intimiste au Club et un workshop émouvant, il participe à la soirée anniversaire du 50e, organisée par Quincy Jones. «Je suis assis sur une chaise et je danse mieux aujourd’hui que lorsque je tenais sur mes deux jambes!», confiait-il au Festival.

La passion, jusqu’au bout.